Atelier Musée - Année 2023/24


Porté par nos professeurs documentalistes, la Classe Musée du Collège Jules Vallès, devenue aujourd'hui Atelier Musée, entame sa huitième année d'existence.

Comme chaque année, ce nouveau cycle commence pour les nouveaux élèves de 6e/5e par une découverte de notre partenaire Musée Crozatier courant septembre, avant d'attauqer différents ateliers et travaux sur des thématiques en lien avec les expositions en cours.

Découverte du musée : Cycle "Beaux-Arts"

 

Découverte des œuvres à travers le Cycle Beaux-Arts.

Les deux groupes de l’Atelier Musée ont commencé l’année par les traditionnelles visites etdécouvertes du Musée Crozatier au Jardin Henri Vinay avant d’entamer un cycle « Beaux-Arts » en octobre pour apprendre le vocabulaire de la sculpture ainsi que les genres et techniques en peinture.

Le cours au CDI s’est prolongé dans la galerie « beaux-arts » au musée avec un questionnaire à remplir au fil d’un parcours où il fallait repérer des rondes-bosses, des bas-reliefs, des modelages, des assemblages, des bronzes ou des marbres. Pour les tableaux, les élèves sont partis à la recherche de portraits, de natures mortes, de paysages, de scènes de genre ou encore de peintures d’histoire.


Quelques exemples d'oeuvres étudiées :

Scène de genre
Scène de taverne. David II Téniers dit Le Jeune, XVIIe siècle
Peinture d’histoire religieuse
La Vierge au manteau. Anonyme, 1400-1410
Peinture d’histoire
Vercingétorix devant César. Lionel Royer, 1899
Nature morte
Nature morte au citron. Willem Kalf, vers 1655
Paysage
Saint-Michel d’Aiguilhe sous la neige. Albert Dubois-Pillet, 1890
Peinture d’histoire mythologique
Dédale et Icare. François Perrier, XVIIe siècle
Portrait
Henri II, roi de France. Anonyme, 1555
Autoportrait
Autoportrait. Charles Maurin, 1885

Musée & Handicap

 

Musée et Handicap

En novembre, le cycle Musée & Handicap nous a permis de découvrir les aménagements et dispositifs mis en œuvre au musée Crozatier pour les publics empêchés et pour l’accueil des personnes porteuses de handicap.

Les publics empêchés sont les personnes qui ne peuvent se déplacer dans les lieux culturels. Ces publics sont divers : malades, personnes à mobilité très réduite, personnes très âgées, hospitalisées, détenues… Le personnel du Musée Crozatier propose ainsi des activités hors-les-murs en se déplaçant dans des maisons de retraite, à l’hôpital ou en collaborant avec des associations venant en aide aux personnes en situation précaire.

***

Aménagements au Musée

A l’intérieur du musée, des aménagements ont été pensés lors du chantier de rénovation pour faciliter l’accès des personnes handicapées aux locaux comme aux collections. C’est ce que nous découvrons lors d’une visite avec « mise en situation » : comment se déplace-t-on dans le musée si on est en fauteuil roulant, si on utilise des béquilles, si on ne voit rien ou si on a des difficultés à effectuer certains mouvements ?

Bandeaux sur les yeux et guidés par un camarade, assis sur un fauteuil poussé par un autre, munis de béquilles ou de bandes lestées : mise en situation pour cette première séance.

Notre guide, Sébastien Lamy-au-Rousseau, nous fait remarquer qu’avant même d’entrer dans le musée, des aménagements extérieurs existent : les places de stationnement réservées à proximité de l’entrée pour les personnes à mobilité réduite (PMR), la rampe d’accès qui mène de la rue à l’accueil du musée.

A l’accueil, de grands visuels signalent les différentes fonctions des lieux (accueil, vestiaire, atelier…). La banque à l’entrée est abaissée pour faciliter l’accueil des personnes en fauteuil.

Une boucle magnétique sur le bureau permet aux personnes malentendantes appareillées de mieux entendre les agents d’accueil grâce à un dispositif de transmission audio par voie électromagnétique. Elle est signalée par le logo

Dans les salles, les cartels comme les outils de médiation sont installés de façon à ce que les personnes en fauteuil puissent les lire ou les utiliser sans difficultés.

Pour passer d’une salle à l’autre, lorsqu’elles ne sont pas au même niveau, une rampe inclinée facilite le passage . Pour passer d’un étage à l’autre, on peut utiliser les ascenseurs.

Les toilettes, accessibles aux PMR, sont également équipées d’un dispositif d’alarme visuelle pour avertir les personnes sourdes en cas d’évacuation.

Vous trouverez également, dans la salle Antiquité, des informations en braille sur un outil de médiation sur l’architecture des temples grecs ainsi qu’une présentation vidéo en Langue des Signes Française dans le secteur gallo-romain.

On retrouve l’écriture braille dans la galerie des beaux-arts sous le tableau Abraham servant les anges. Elle vient compléter un dispositif adapté aux malvoyants. Le tableau reproduit en relief est accessible sur une table inclinée pour être « lu » avec les mains. Un casque audio apporte des informations supplémentaires.

Au 3ème étage, dans la galerie des sciences, des reproductions de molaires de mammouth et de mastodonte peuvent être touchées.

Toujours dans les collections paléontologiques, des panneaux reconstituant les silhouettes d’animaux dont des os fossilisés sont présentés dans les vitrines, devaient initialement permettre une meilleure compréhension pour les personnes atteintes de déficiences cognitives. Mais ils s’avèrent utiles à tout le monde !

On s’aperçoit en effet que tous ces aménagements bénéficient bien souvent à tous les publics.

***

Labelisation

Lors de la séance suivante, Sébastien nous a présenté le label Tourisme & Handicap attribué au musée Crozatier.

Celui-ci est accordé pour cinq ans si le musée répond à environ 80 critères concernant l’accessibilité, le confort… des lieux, des oeuvres et des activités proposées.

Dans la programmation du musée, des visites en LSF sont organisées. Le musée travaille en partenariat avec l’association de L’Abbé de l’Epée du Puy. Des interprètes accompagnent des visites guidées ou des animations et signent pour les personnes malentendantes. Des vidéos sont également enregistrées.

Savez-vous comment se dit le mot « musée » en LSF ?

Faites glisser votre pouce depuis votre front le long de votre profil.

Des visites sont également proposées pour les personnes atteintes de déficiences visuelles. Le guide décrit alors avec soin les œuvres présentées et peut s’aider de l’écriture en braille présente sur quelques dispositifs mais aussi d’objets de médiation à manipuler, à toucher.

Nous avons pu tester ces objets les yeux bandés pour essayer de deviner de quelle œuvre il s’agissait.

Ici Clara a reconnu la statue de Jean de La Fontaine. C’était plus compliqué pour Lucas de reconnaître une dent de mammouth !

Pour faire découvrir des tableaux du bout des doigts, des toiles peuvent aussi être reproduites en relief avec différents matériaux, comme La Vierge au manteau.

***

Thermogonflage

Une autre technique, moins artisanale, offre la possibilité aux malvoyants de « lire » des tableaux, elle a été utilisée notamment à l’occasion de l’exposition Autoportraits de l’année dernière. C’est le thermogonflage : après impression du dessin sur un papier multicouche particulier, la feuille de papier est passée au four et les zones encrées en noir gonflent sous l’effet de la chaleur.

Ici, en touchant l’autoportrait de Van Gogh, on peut non seulement sentir la forme de son visage mais aussi sa touche, sa façon de peindre.
Résultat
Résultat

***

Travaux manuels

La dernière séance avec Sébastien a été consacrée à la conception de tableaux thermogonflés. A partir d’oeuvres simplifiées, schématisées, nous devions remplir les différents compartiments avec les motifs ou textures de notre choix afin que les malvoyants puissent distinguer, en les touchant, les différents éléments du tableau.

Un même matériau, comme du tissu ou de la neige, représenté à différents endroits du tableau par exemple pouvait être symbolisé par un même motif pour donner une même texture une fois thermogonflé.

Simplification des œuvres et repérage des zones à remplir
Dessin des motifs (1ers essais au brouillon)
Dessin des motifs (1ers essais au brouillon)
Après scan et impression du dessin sur papier multicouche, passage au four
Résultat final : les traits noirs ont gonflés et leur relief se sent au toucher

***

Memo Patrimo

Fin décembre, notre partenaire, la SAMC (Société des Amis du Musée Crozatier) nous a sollicités. La SAMC a entre autres missions de faire connaître et valoriser le musée Crozatier et ses collections. Elle intervient notamment auprès de publics qui ne peuvent se rendre au musée, comme les résidents des maisons de retraite auxquels le jeu Mémo Patrimo est destiné.

Dans le cadre de notre découverte de l’offre du musée pour les publics empêchés, nous avons donc rencontré des membres de l’association pour découvrir ce nouvel outil de médiation à destination des résidents d’EHPAD et de maisons de retraite.

Il s’agit d’un jeu de plateau qui fait appel à la mémoire, à la culture générale, à la connaissance du patrimoine, qui sollicite les différents sens et qui permet de (re)découvrir notre territoire et les collections du musée Crozatier.

Adapté aux personnes âgées, le plateau de jeu est de grande taille et aimanté pour être positionné à la verticale sur une table et être vu de tous. Les équipes de joueurs progressent de case en case en lançant un dé pour répondre à des questions

  • en lien avec la Haute-Loire (histoire, géologie, productions locales, patrimoine, métiers anciens…)
  • faisant appel aux différents sens : petits objets cachés dans des sacs noirs à découvrir du bout des doigts, odeurs enfermées dans des petits bocaux à reconnaître, photographies de détails d’objets du musée Crozatier à identifier…

Ce jeu peut être emprunté au musée par les maisons de retraite qui souhaitent organiser une animation pour leurs résidents et ainsi leur offrir un temps d’échanges, de souvenirs et de divertissement.

Avant les vacances de Noël, collégiens et seniors ont donc formé des équipes motivées pour tester le jeu tant au niveau du matériel que du déroulé afin d’y apporter améliorations ou ajustements nécessaires.

Résultat : jeu validé après une séance animée à la fois studieuse et ludique !

Paysages

 

Paysages

Le musée Crozatier accueille cette année l’exposition La Confusion des horizons. Le Paysage dans les collections photographiques du FRAC Auvergne & du musée Crozatier.

Le Fonds Régional d’Art Contemporain prête une quarantaine d’œuvres photographiques de ses artistes majeurs, qui sont mises en regard avec des photographies sorties des collections du musée.

Notre travail cette année va donc se décliner sur le thème riche et varié du paysage, que ce soit dans l’histoire de l’art, la cartographie, la connaissance de notre territoire ou la pratique du croquis.

***

Novembre-décembre 2023 : visite de l’exposition

« L’horizon n’est pas une ligne fixe attachée à un territoire, il est au contraire mouvant et se redéfinit en permanence selon la perception de l’observateur. C’est toujours une approche sensible qui prévaut à son existence. Ce constat rejoint la question plus large du paysage dont la naissance, loin d’être aussi naturelle que l’on pourrait le croire, est entièrement subordonnée au regard qu’un artiste vient porter sur une portion de pays, qu’il extrait d’une immensité pour venir le circonscrire dans un cadre et faire advenir un paysage. Il est alors possible d’affirmer qu’il existe autant d’horizons, autant de paysages, qu’il existe de subjectivités. »

Laure Forlay, responsable du service des publics au Frac Auvergne, dans le Livret de l’exposition

Le parcours de la visite traverse six salles qui regroupent les photographies en fonction de thématiques :

L’horizon des pierres

Un reflet, un éclat de lumière, les vibrations à la surface de l’eau… Dans cette première salle, les photographes s’approchent au plus près de leur sujet pour donner à voir des paysages familiers mais éphémères.

Sur le motif

Depuis le XIXe siècle, peinture et photographie se sont influencées réciproquement (dans leurs choix de composition ou leur traitement de la lumière notamment). Les photographes contemporains s’inscrivent ici dans cette histoire commune. Ils jouent avec la lumière, avec la ligne d’horizon ou avec des cieux immenses...

Les échos de la mémoire

Rwanda, Afrique du sud, Palestine, Afghanistan… Dans cette nouvelle section, les artistes consignent les traces laissées par la guerre dans le paysage. Mais contrairement aux photojournalistes, ils n’exploitent pas l’actualité, ne représentent pas les crimes, la violence ou les victimes. Ils travaillent dans l’après, prennent de la distance et font ainsi prendre conscience des drames passés, pour ne pas les oublier, et choisissent de solliciter l’imagination du visiteur pour penser le crime plutôt que de le regarder.

Hors-champ

Dans les œuvres présentes dans cette salle, les photographes proposent des vues de notre monde pour en faire émerger ce qui n’apparaît pas forcément au premier regard ou ce que l’on préfère ne pas voir, dévoilant des réalités parallèles vécues par des marginaux, des exclus, des victimes de la pauvreté ou de la ségrégation....

La disparition du paysage

Pendant des siècles, montagnes, océans, déserts ou volcans ont suscité fascination et effroi. Lieux de dangers pour les voyageurs, on ne pouvait en apprécier la beauté, mais à la rigueur l’utilité scientifique. Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle par exemple qu’on porte sur la montagne un regard admiratif. Ce sont alors les représentations d’artistes qui nous ont appris à apprécier ces environnements, à leur trouver une valeur esthétique. Que penser aujourd’hui des zones péri-urbaines, industrielles, des friches, des chantiers ? Pour l’écrivain Alain Roger : "Nous serions devant nos villes dans le même dénuement perceptif (esthétique) qu’un homme du XVIIe siècle face à la mer et à la montagne." L’oeil des photographes de cette section donne un nouveau souffle au genre du paysage, témoignant de la fonction d’anticipation de l’art

L’horizon des particules

La conquête spatiale nous offre d’étonnantes images d’espaces inaccessibles. L’exposition se referme sur un questionnement : ces horizons lointains photographiés par des artistes ou des robots, pousse le spectateur à la rêverie, à un voyage imaginaire. Ces mondes astronomiques ne nous sont pourtant accessibles que grâce à la technologie...

***

Décembre 2023 : Atelier 3 Plans

Les paysages peints, dessinés ou photographiés sont généralement composé de plusieurs plans. Pour apprendre à les différencier, nous avons participé à un atelier créatif animé par Claire Delsol et Sandrine Périlhon, médiatrices jeune public du musée.

A partir de copies de tableaux de paysages du musée Crozatier, premiers, deuxièmes et troisièmes plans avaient été découpés et dissociés pour nous permettre de constituer notre propre paysage.

Pour cela, nous devions tracer la silhouette de chacun des trois plans choisis, sur un support différent - à notre disposition : carton, papier journal, papier doré, papier bulle, papier coloré, etc - puis la découper. Nos trois plans en mains (1er, 2e et 3e en différents matériaux), nous les avons assemblés pour créer un paysage inédit, en tenant compte des différents emplacements à respecter pour conserver une perspective réaliste.